Covid-19 et télétravail marquent l’empreinte environnementale

Face au Covid-19 des réponses managériales
La palette managériale

EVAtraining vous propose une série de blogs pour vous aider à réussir votre sortie de crise. Nous nous basons sur le modèle d’analyse PESTEL afin de redonner des couleurs pastelles à défaut d’être vives, à notre monde devenu si gris, si ce n’est très noir.

 

En stratégie d'entreprise, l'analyse PESTEL est un modèle permettant d'identifier l'influence (positive ou négative) que peuvent exercer, sur une organisation, les facteurs macro-environnementaux. Ce virus entérine la 4ème Révolution Industrielle et oblige les Managers à se réinventer !

 

Après avoir vu dans de précédents blogs les conséquences du Covid-19 sur la politique, l’économie, la société et la technologie, nous avons établi un parallèle avec le management opérationnel. Continuons notre série de blogs sur les enjeux de la crise pour le management en nous arrêtant aujourd’hui sur l’aspect environnemental et humain de l’analyse PESTEL.


La crise du Covid-19 est-elle bénéfique à l’environnement ? 🤔

D’un impact idyllique du Covid-19 sur l’environnement…

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La nature reprends ses droits

Si lors d’un sondage on demandait aux populations confinées « Quelles conséquences sur l’environnement voyez-vous à la crise du Covid-19 ? », tout le monde s’accorderait probablement à mettre en avant l’impact positif du confinement  sur l’environnement. Nombreux sont les relevés atmosphériques attestant de l’amélioration de la qualité de l’air dans les grandes métropoles et les régions industrielles. Voir cartes[i]. Les oiseaux réinvestissent les parcs urbains et des animaux parfois insolites s’aventurent dans les citées silencieuses devenues comme endormies. Les sentiers de randonnée désertés, la nature reprend ses droits, laissant place à une végétation sauvage, généralement détruite par le simple passage humain. Tel un mauvais film de science fiction, on dirait qu’en 2020, faune et flore prennent le pouvoir sur des humains qui se trouvent bien malgré eux, parqués comme de pauvres diables, tel un zoo inversé. Il ne manquerait plus que nos amis les bêtes ne viennent nous apporter bananes et cacahouètes pour changer des paniers de producteurs locaux. Et hasard météorologique ou non, le soleil brille à Luxembourg et en Grande Région depuis plus d’un mois et demi. Bref, les exemples sont légions mais derrière ces descriptions idylliques ou extravagantes se cache une autre réalité. 🙃

 

Si l’arrêt des unités de production et la baisse incontestable des déplacements, et par extension, des transports ont eu un impact positif direct sur l’environnement, comme nous le prouve la réduction de l’émission de gaz à effet de serre, les relevés attestent seulement une baisse de quelques points faisant que cela reste donc anecdotique. Finalement, le confinement a aussi ses effets pervers, venant tempérer ce premier jugement, sans parler de l’augmentation des déchets médicaux et dangereux générés par la contamination.

 


... à la pollution digitale provoquée par le télétravail...

Si d’après une étude ADEME 2015[i] le télétravail permet de diminuer d’environ 30 % les impacts environnementaux  associés au trajet domicile-bureau, l’impact positif du télétravail sur l’environnement peut justifier qu’il soit inscrit dans les objectifs durables de l’organisation comme outil de flexibilisation.

 

Plus de la moitié de la population mondiale est maintenant connectée et utilise mail et/ou téléphones mobiles. 2020 est la première année où la pollution digitale a dépassé la pollution traditionnelle de l’aviation[ii] . Et la tendance n’est pas près de s’inverser. Car il ne faut pas oublier que les outils numériques consomment énormément d’énergie, de par leur utilisation mais aussi pour leur production et leur recyclage. 👈

 


[i]  https://www.ademe.fr/etude-nationale-covoiturage-courte-distance

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C'est pas Versailles ici !

Si à priori, cela semble représenter une économie substantielle pour les ménages, travailler à domicile au lieu de se rendre chaque jour au bureau peut augmenter jusqu’à 30 % la consommation énergétique liée initialement à son activité. Cela s’explique à deux niveaux.

Chez soi, on est plus exigeant pour son confort que dans un bâtiment professionnel où la température des bureaux est réglée automatiquement. De ce fait, la consommation des ménages est supérieure pour le chauffage ou la climatisation par exemple. 😤

Pour travailler de chez soi, on a besoin de connexions numériques (abonnement téléphonique et internet) et surtout de son propre équipement bureautique : ordinateur, imprimante, caméra, scanner… Quand l’employeur fournit l’ordinateur portable, ce n’est généralement pas le cas pour les autres matériels qui sont à la charge du salarié. On assiste à une duplication des équipements et à l’usage d’imprimantes personnelles alors qu’une imprimante peut être partagée entre plusieurs collègues par exemple, ce qui est tout de même souvent le cas pour une famille nombreuse également. Les batteries d’ordinateurs, tablettes et smartphones s’avèrent très gourmands en énergie, imaginez qu’il y a environ 34 milliards d’équipements numériques [i]… À tel point qu’il peut être moins coûteux d’imprimer un document que de le lire sur un écran !

 

Pour continuer à travailler à distance, on a l’habitude d’envoyer des e-mails et d’organiser des visio-conférences avec ses collègues. Est-il su de toutes et tous que la visio-conférence réduit l’emprunte carbone en évitant les déplacements, mais avez-vous réalisé qu’elle augmente l’emprunte carbone par rapport à une réunion classique en salle ? Pourquoi utiliser la visio-conférence quand on pourrait échanger par téléphone ? De la même façon, pourquoi envoyer un e-mail quand un simple SMS suffirait ? Les formules utilisées sont-elles les meilleures pour l’environnement ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’usage du numérique n’est pas synonyme de développement durable. Il conviendrait peut-être de développer une sensibilisation plus éco-responsable à l’usage de ces outils.

 


Rappelons quelques usages courants du numérique et leur consommation.

Vous pensez que l’utilisation des Cloud est écologique ? Il semble opportun de rappeler que les infrastructures des data center qui servent à stocker les données sont bien sur Terre et consomment 1.5 % de l’électricité mondiale[i]. En plus, les organisations, notamment pour des raisons de sécurité informatique ont la fâcheuse tendance d’anticiper l’augmentation de leur besoins réels et  donc de surdimensionner leurs infrastructures physiques : on parle même d’infobésidé. 👀

 

Enfin, il est bien connu que les processus de fabrication des équipements numériques et la gestion de leur fin de vie produisent les ¾ des impacts environnementaux du numérique [ii]

 


... en passant par la santé des salariés télétravailleurs !

Selon un rapport de l’ONU, le télétravail à forte dose se révèle nocif pour la santé. Le télétravail procurant gain de temps et vie de famille plus équilibrée est souvent un leurre car le risque de chevauchement entre vie privée et professionnelle est réel, et l’allongement de la durée de travail générateur de stress et d’insomnie. Le temps gagné dans les transports permet souvent une plus grande disponibilité professionnelle. Le personnel dans son environnement privé se sent plus à l’aise ce qui le rend beaucoup plus productif et impliqué dans son travail. Les relations sociales étant moins fréquentes, le lien aux collègues et à l’organisation de l’employeur sont distendus. L’individu devient une boite e-mail, au risque de se sentir isolé et de perdre tout esprit d’équipe. Poussé à l’extrême, cette individualisation pourrait favoriser les dépressions voire hélas les suicides. Le mythe de Robinson Crusoé a vécu. L’être humain a besoin de s’intégrer à une communauté et l’organisation où il travaille en est une. Nous renvoyons à la pyramide des besoins d’Abraham Maslow… 

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Télétravail ? Seul au monde ?

Comment les organisations se positionnent-elles ?

Les Facility Managers optimisent les espaces

Bien avant la crise du Covid-19, certaines entreprises ou associations ont depuis longtemps compris l’avantage qu’elles pouvaient retirer du télétravail. Outre une baisse de consommation (électricité, eau, transfert de data, consommables) le télétravail permet aussi l’optimisation des espaces de travail. Grâce à la réduction des effectifs sur site, la surface des bureaux peut être restreinte et cela d’autant plus quand une politique de bureaux mobiles est mise en place, c'est-à-dire que chacun dispose d’un casier mais n’a plus de bureau attitré. En fonction de son activité, le collaborateur réservera son espace de travail dans un plateau d’affaire, un bureau individuel ou une salle de réunion. Cette gestion des espaces peut permettre certains jours ou à certaines périodes de même fermer des ailes de bâtiments ou des étages entiers et de fait, de générer des gains considérables en énergie mais aussi en maintenance, nettoyage… Les Facility Managers ont compris depuis longtemps l’intérêt de cette rationalisation des espaces de travail, grâce à une bonne gestion de projets (délai, jalons, indicateurs…) Les entreprises ou les administrations font supporter une partie de leurs coûts de fonctionnement aux budgets des ménages de leurs collaborateurs en télétravail ou à celui des clients chez qui leurs collaborateurs sont détachés.

Le toyotisme répond-il au modèle idéal des organisations ?🧐

Dans l’absolu, si l’on considère les gains de temps et d’énergie générés par l’usage du travail à distance, si l’on prend en compte les notions de gaspillage et de pollution, on répond au modèle idéal de l’organisation de l’entreprise du point de vue de la productivité, à savoir le Toyotisme. Ce système de gestion de l'entreprise simple mais efficace, mis en place comme son nom l’indique par l’entreprise Toyota, consiste à :

 

  • réduire les gaspillages,
  • maintenir une qualité optimale des produits tout au long de la chaîne de production,
  • éviter l'offre excédentaire,
  • prendre en considération l'avis des opérateurs, 
  • améliorer le système de façon continue par une dynamique interne. 

 

Certains de ces concepts ont été adaptés ou repris par d'autres entreprises industrielles :

 

  • le juste-à-temps pour synchroniser et ajuster exactement le flux et le nombre des pièces avec le rythme de la production,
  • l’autonomisation des tâches humaines grâce à la définition de temps standards de production par opération afin de travailler plus efficacement et plus rapidement,
  • l’autonomisation des machines  par l’équipement de dispositifs d’arrêt simples, qui permettent la surveillance de plusieurs machines par un même opérateur (comme c’est la cas dans certains supermarchés),
  • les  fiches indiquant le nombre exact de pièces à produire, évitant ainsi toute production excédentaire ,
  • les cercles de qualité composés d’opérateurs et de cadres pour travailler les questions de qualité, maintenance, sécurité, prix de revient…
  • ou encore le zéro défaut, l'esprit d'équipe, etc.

 

Un tel système d'organisation permet un décloisonnement des fonctions et des responsabilités, il allie l'efficacité de production à une certaine reconnaissance psychologique des travailleurs, si la direction de l’organisation communique correctement au sujet des impacts. On leur demande leur avis sur l'entreprise, et ils se sentent donc plus impliqués.

 

On se rapproche ainsi de la matrice de Blake et Mouton qui combine adroitement les 4 styles de management pour arriver à un style intermédiaire « 5.5 ». 

Le télétravail se construit en mode gagnant-gagnant 🤝

Que vous soyez manager ou seulement employé, que vous travailliez dans le secteur privé/marchand ou dans le secteur public/non-marchand, si vous devez, souhaitez ou pouvez travailler depuis votre domicile ou depuis un autre lieu distinct de votre organisation, vous l’aurez compris, le télétravail pour être une solution gagnant-gagnant à condition de le préparer et de le construire étape par étape. Il vous faudra tout d’abord réfléchir aux facteurs de succès et d’échec pour vous et votre équipe, puis relier l’intérêt du télétravail à la stratégie de votre organisation et à sa performance globale. Ensuite, il vous faudra conjuguer efficacité et efficience dans l’utilisation des outils de travail à distance et enfin, il conviendra d’utiliser et de développer des indicateurs de contrôle adaptés aux différents interlocuteurs. Si certains de ces aspects vous échappent, vous pouvez compter sur nous pour vous aider à Optimiser votre Télétravail dès maintenant mais aussi après que la crise du Covid-19 sera passée.

Et pour passer vos connaissances à la machine, faire revivre les couleurs que l’on croyait délavées, avant, rendez-vous dans nos prochains blogs.